Depuis ses deux périodes de construction, aux XIIIe et XVIe siècles, l'église de Pouan-les-Vallées a eu le temps d'en voir de toutes les couleurs. L'édifice a subi les guerres, les intempéries, les affres des siècles et les souffrances des paroissiens, mais cet édifice classé depuis 1913 n'a jamais connu l'outrage qui lui a été infligé cette semaine. Hier matin en effet, l'employé communal intrigué par le calvaire renversé dans la cour de l'église Saint-Pierre est allé plus loin dans son inspection pour découvrir avec répugnance de quoi l'humain est capable.


Chemin de croix incendié


« C'est une véritable infamie », s'étrangle Paul Cantraine, le maire de Pouan, qui parle de « crucifix renversés, de lustres en verre éclatés sur le pavé, d'un autel renversé, de la corde d'une cloche arrachée, du chemin de croix incendié, etc. Le pire, c'est la destruction de la voûte en ogive, au-dessus du maître-autel », s'inquiète l'adjoint au maire, Georges Bracq, en montrant les pièces de craie venues se fracasser sur le meuble et sur le pavement du chœur.

Pour la commune qui a entrepris de gros travaux de restauration sur l'église St-Pierre (toiture, nef…) ces dernières années, ce saccage porte un préjudice majeur à la communauté.

À deux reprises


« Il doit y avoir un mariage le 25 septembre. Cela ne va malheureusement pas être possible », se désole le maire, qui a immédiatement prévenu les gendarmes pour que l'enquête débute. A cet égard, dès le tout début d'après-midi, une équipe de gendarmes de la caserne de Rosières s'est rendue sur place pour recueillir les éléments de police scientifique. Un crucifix, une corde et un élément de la croix renversée ont notamment été retrouvés, après avoir été balancés au-dessus de la cour des voisins.

   
Les témoignages recueillis indiqueraient que les faits se seraient déroulés dans l'après-midi de mardi et de mercredi. Le bruit occasionné par les vandales aurait fait croire au voisinage que l'église était momentanément en travaux.

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Acte prémédité

« L'église est continuellement fermée par des grilles métalliques et des portes munies de gros verrous. Ceux qui se sont introduits là l'ont fait en toute connaissance de cause », estime M. Bracq, inquiet de voir la quiétude de ce bourg de 500 âmes offenser si gravement. « S'introduire ainsi par l'effraction d'une porte verrouillée et à deux reprises, ça suppose qu'il y a préméditation »


Hier, le prêtre de la paroisse, le père Jean-Luc Depaivre n’avait pas encore eu le temps de constater le désastre. Il aura la tristesse de le découvrir aujourd'hui.

http://www.lest-eclair.fr/index.php/cms/13/article/465410/L_eglise_saccagee_par_de_mysterieux_vandales