Le douloureux exode des chrétiens d’Orient
Ciblés par Al-Qaeda, menacés dans leur quotidien, les coptes d’Egypte ou les chaldéens d’Irak, persécutés, fuient leur pays, berceau du christianisme. Rencontre à Créteil avec des rescapés de l’attentat de la cathédrale de Bagdad.
Dans le hall d’entrée, l’un des blessés irakiens, professeur d’informatique à l’université, amputé d’un bras, converse, en russe, avec une femme et sa fille, deux réfugiées ouïghoures (une minorité musulmane de Chine), qui ont rejoint la France après un long périple à travers le Caucase. Blessé lui aussi lors de l’attaque de Bagdad, «Abouna», comme l’appellent ses fidèles (le mot signifie père en arabe), vient apporter un peu de réconfort. «Chaque nuit, je me réveille, confie-t-il, je revois tout ce qui s’est passé.» L’homme est fatigué, souffre encore de ses blessures. Son regard parfois s’égare, s’abîme dans les souvenirs douloureux.
Des souvenirs obsédants
Le père Raphaël était recteur de l’église syriaque catholique où s’est produit l’attentat. La prise d’otages a duré plus de quatre heures, s’achevant dans un bain de sang. «Chaque minute, chaque moment, je pense à cela», raconte Saba (1), une femme d’une cinquantaine d’années, qui a perdu son mari et son fils dans l’attaque. Au centre de transit, Saba veille sur sa belle-fille, enceinte. Dans la chambre collective qui abrite quatre personnes, d’immenses valises ont été glissées sous les lits. Peu à peu, quelques affaires arrivent de Bagdad. Après avoir partagé un repas irakien, cuisiné par Saba, la petite communauté se serre pour prendre le thé et attend le retour de quelques jeunes partis suivre des cours de français à l’église chaldéenne de la rue Pajol dans le XVIIIe à Paris.
Saba et sa belle-fille ont été blessées dans l’attentat. Allongée sur son lit, murée dans la douleur, la jeune femme garde une Bible à portée de main. Devant une statue de la Vierge de Lourdes, brûle une bougie pour protéger, expliquent ses proches, le bébé à venir. Au mur, elle a épinglé une photo de son mari, Fadi. A la paroisse, le couple s’occupait de la chorale. «Dès qu’ils sont entrés, les terroristes ont tiré. Parmi les premières victimes, il y avait mes deux jeunes prêtres et Fadi», raconte le père Raphaël. Avec un petit groupe de fidèles, Abouna s’est, lui, réfugié à la sacristie. Pendant toute la durée de la prise d’otages, telle une pietà, la jeune femme a gardé le corps de son mari sur ses genoux. «Mais c’est seulement à son arrivée en France qu’elle a compris que Fadi était mort», murmure, le père Raphaël.
A Bagdad, chacun se connaissait. Les souvenirs obsédants de l’attentat et les douleurs du deuil ont soudé encore plus la communauté en exil. Visiblement embarrassé, le père Raphaël laisse échapper un long soupir, garde d’abord le silence. Abouna parle le français, appris pendant ses années de formation au séminaire des dominicains à Mossoul, au nord de l’Irak. «Comment peut-on vivre entre des chenapans et des terroristes ?» dit-il finalement. A mots couverts, l’ancien curé de Bagdad avoue qu’il ne croit plus guère à l’avenir des chrétiens en Irak. A 75 ans, il a décidé de rester en France comme la plupart des blessés accueillis en novembre. Les uns et les autres ne veulent pas retourner dans l’enfer irakien. Ils attendent désormais d’être rejoints par leurs proches après avoir déposé une demande de regroupement familial.
Arrivés ces deux dernières années, d’autres chrétiens irakiens, tentent de se construire un avenir ici. A l’automne 2007, le gouvernement décidait d’entrouvrir les portes de la France. Quelques mois plus tard, Bernard Kouchner, alors ministre des Affaires étrangères annonce «l’opération Irak 500» (500 visas pour des chrétiens). «Nous ne refusons pas d’accueillir des musulmans ; le problème c’est que personne n’accueillait les chrétiens», disait-il alors. Depuis 2005, les enlèvements et les attentats ciblés contre la communauté chrétienne en Irak avaient alerté l’opinion. Des personnalités catholiques comme Jean d’Ormesson, Jacques Julliard ou encore Jacques Delors, s’étaient mobilisées. Le patriarche des Chaldéens, Emmanuel Delly, avait été reçu par les autorités françaises.
Début 2008, l’enlèvement et l’assassinat de l’archevêque chaldéen de Mossoul, Faraj Rahou, avaient jeté un peu plus d’effroi. Très modeste pourtant, cet accueil ciblé de chrétiens a suscité un début de polémique. «Il est clair que cette minorité chrétienne court des risques mais comme beaucoup d’Irakiens et il y a quand même un grand danger à vouloir accueillir sur une base confessionnelle», regrettait alors Pierre Henry, directeur général de France terre d’asile.
Toujours aux aguets
Fortement préoccupé du sort des Irakiens qui avaient fui dans les pays voisins, surtout la Syrie et la Jordanie, le Haut-Commissariat des nations unies pour les réfugiés (HCR) exprimait lui aussi ses réticences contre ce qu’il appelait une discrimination. Malgré tout, pour calmer les esprits, l’opération Irak 500 était étendue, associant le HCR.Ce dernier pouvait aussi proposer des noms de réfugiés irakiens bloqués en Syrie ou en Jordanie. En 2008 et 2009, environ 1200 réfugiés irakiens ont été ainsi accueillis en France, des chrétiens en très grande majorité.
Après avoir assisté, comme chaque dimanche, à la messe à l’église de la rue Pajol, Rana, une femme d’une trentaine d’années, raconte longuement la terreur quotidienne à Bagdad, le départ précipité et clandestin vers l’exil : «Souvent, je dois me dire que je suis à Paris et que je ne risque plus rien.» Arrivée avec ses parents en France début 2009, Rana se surprend encore à marcher aux aguets dans la rue. «Quand nous avons quitté l’Irak, je n’ai pas prévenu à mon travail que je m’en allais, explique-t-elle. Nous y étions encore trois chrétiennes. Quelqu’un m’avait demandé pourquoi je restais, me disant que tous les chrétiens étaient partis d’Irak.» Si la menace était indirecte, le message n’en était pas moins clair.
Pâtisseries chaldéennes
Dans le quartier où vivaient Rana et ses parents, la vie était particulièrement dangereuse. Les autres familles chrétiennes l’avaient déjà quitté. «Les deux dernières années, je n’allais plus dans le garage ni dans le jardin, dit-elle. Dès la fin de l’après-midi, nous nous barricadions.» Avaient-ils été déjà attaqués ? La jeune femme ne souhaite pas en dire davantage. «A nos voisins, poursuit-elle, nous avons dit que nous partions quelque temps en Jordanie pour les soins médicaux dont avait besoin mon père.» Prévenue par un canal diplomatique, la famille, après avoir obtenu son visa pour la France, a retrouvé un petit groupe de gens à l’aéroport. C’est seulement, à l’escale dans un pays voisin, que tous ont compris qu’ils partaient ensemble vers Paris. «Nous n’avons plus de famille en Irak», dit encore Rana. Soudain inquiète, elle gomme les détails trop marquants, négocie ce qui peut être écrit et ce qui ne peut l’être…
Même loin de l’Irak, les habitudes résistent et la peur poisseuse demeure. «Je me réveille la nuit et je crois que je suis encore à Bagdad. Auprès de mon lit, je cherche l’arme que j’avais là-bas», raconte Dinka, qui, à 56 ans, a tout laissé derrière lui, magasin et maison cossue. La famille a quitté l’Irak en 2008. A Saint-Denis, le logement de France terre d’asile est spacieux et lumineux. Peu de meubles mais un cousin a déniché deux fauteuils en cuir fatigués. La famille s’inquiète surtout de son prochain départ pour une HLM à Aubervilliers, moins reluisante. Devant un large écran de télé, prêté par le même cousin, Dinka tue les heures en regardant les chaînes arabes. Sara, son épouse, vient juste de rentrer. Au visiteur, elle offre des petites pâtisseries que les Chaldéens confectionnent à l’occasion de Noël. Cherchant un emploi, elle suit quelques heures un stage dans un restaurant. En Irak, Sara ne travaillait pas. «Ici, on lui a proposé de faire des ménages. Je n’ai pas voulu», explique Dinka, rappelant fièrement que son épouse est diplômée de l’université.
«C’est pourtant grand, l’Australie !»
Entre elle, la famille parle en soureth, un dialecte araméen. Croyante, elle achève les trois jours de jeûne des rogations de Ninive, une fête religieuse chaldéenne qui commémore la prédication de Jonas, épargnant la ville de la colère divine par son appel à la repentance. «J’avais d’abord mis à l’abri mes deux aînés en Syrie, poursuit Dinka. Ils allaient à l’université et avaient été menacés.» Chaque jour, pour la protéger, le père conduisait sa fille cadette à l’école, s’opposait à ce qu’elle porte le voile islamique, devenu une obligation aussi pour les chrétiennes en Irak.
Professeure de sport à l’université, Nadia a, elle aussi, subi à Bagdad cette pression quotidienne exercée à l’encontre des femmes. «A mon travail, on m’a demandé de porter le voile, raconte-t-elle. Ensuite, on voulait que j’aille assister à la prière. En fait, c’était une manière de me forcer à me convertir.» Dès 2005, Youssif, son mari, avait, lui, cessé son travail car le magasin de ventes d’alcool où il était employé avait été attaqué. Il était devenu trop dangereux de continuer à travailler. Fuir en Syrie ou en Jordanie ? Youssif y pensait. «Je n’en avais pas l es moyens», dit-il. Beaucoup d’autres, ont vendu leur commerce ou ce qu’ils possédaient pour s’établir dans les pays voisins. Un gigantesque exode, le plus important qu’ait connu la région depuis celui des Palestiniens. Selon le HCR, 1,8 million de personnes, ont quitté l’Irak, plus de la moitié vit en Syrie, dans des conditions de plus en plus précaires, au bord d’une crise humanitaire. Parmi ce million d’Irakiens installés le plus souvent à Damas ou à Alep, il y aurait entre 70 000 et 100 000 chrétiens (ces chiffres sont des estimations ; les réfugiés ne sont pas comptabilisés selon leur appartenance confessionnelle). De fait, l’exode touche particulièrement la minorité chrétienne, très fragilisée. Depuis 2003, elle serait passée, en Irak, de 800 000 à 400 000 personnes.
Pendant cinq ans, Joseph, Marguerite et leur fille Rimi ont vécu à Damas dans l’attente désespérée d’un visa pour un pays occidental, dépensant l’argent d’un héritage, recevant quelques subsides de parents installés aux Etats-Unis. «Trois fois, j’ai demandé un visa pour l’Australie, explique Joseph. On m’a répondu qu’il n’y avait plus de places. C’est pourtant grand l’Australie !» Les frères et les sœurs, les oncles et les tantes de Joseph et de Marguerite sont déjà dispersés entre les Etats-Unis, le Canada, l’Australie ou la Suède. Cette diaspora mondialisée est le propre de beaucoup de familles chrétiennes. Car si leur exode s’est accentué depuis 2003, les chrétiens ont commencé à fuir depuis une vingtaine d’années.
Filières clandestines
Las d’attendre à Damas, Joseph est parti clandestinement vers la Suède. Grâce à l’opération Kouchner, Marguerite et Rimi ont pu, il y a deux ans, gagner légalement la France, rejointes plus tard par Joseph. En camion, à travers le Kurdistan. Contrairement à ce qu’affirmait Bernard Kouchner en 2008 («personne n’accueillait les chrétiens»), la Suède avait, elle, ouvert ses frontières. Mais récemment, sa politique s’est singulièrement durcie. «Après une visite du Premier ministre irakien en Suède», remarquent les réfugiés en France. Le pays s’est attiré d’ailleurs les protestations du HCR, notamment pour avoir expulsé un chrétien débouté trois fois du droit d’asile, alors qu’il affirmait avoir été personnellement menacé.
Face à l’ampleur de l’exode, la «générosité» française, annoncée à grands renforts médiatiques, comme l’a été l’accueil des blessés de l’attentat du 31 octobre, paraît dérisoire. Les politiques migratoires très restrictives des pays occidentaux ont fermé les frontières. En Irak, les chrétiens, candidats à l’exil, en sont réduits aussi à emprunter les filières clandestines. Un jeune religieux dominicain irakien, en formation en France, affirme que les familles se cotisent pour qu’un de leurs membres puisse partir. A Bagdad, Salwan possédait un commerce de gros en balais. Il a fui en 2009. Agé d’une vingtaine d’années, il montre la longue cicatrice qui lui barre la paume de la main. «J’ai reçu une lettre de menaces», raconte-t-il. Il n’y a pas pris garde. Son français reste hésitant. Il ne trouve pas le mot et fait le geste de déchirer la lettre. «Plus tard, poursuit-il, j’ai été assommé dans la rue.» Lors de l’agression, il a eu deux doigts tranchés, à l’hôpital, on a pu les lui regreffer. «Mon père voulait que je quitte l’Irak et a vendu le magasin. Il pensait que la prochaine fois, ils me tueraient», explique-t-il.
«Juste de quoi manger»
Le prix à payer pour gagner l’Europe ? 10 000 dollars, selon Salwan. A bord d’un camion, il a traversé le Kurdistan pour atteindre la Turquie, pris un avion pour Paris, tenté de rejoindre sa sœur, installée en Allemagne, a été arrêté par la police allemande dans le train et renvoyé… en France. «Une amie de ma mère m’a donné l’adresse de l’église chaldéenne de Paris», poursuit le jeune homme. Là, il trouve l’assistance pour régulariser sa situation. Chaque samedi après-midi, l’Association d’entraide aux minorités d’Orient (Aemo), fondée en 2007 et qui a été l’un des interlocuteurs des autorités françaises pour rapatrier les chrétiens d’Irak, y tient une permanence. Ces histoires de passages clandestins sont taboues. Malgré tout, chacun sait que d’autres continuent à arriver. «Qui pourrait me reprocher de les accueillir ?», lâche un prêtre de la paroisse.
A Belleville, Nadia, Youssif et leur fils de 4 ans partagent avec une famille irakienne, un trois-pièces, une escale pour eux aussi dans un appartement de France terre d’asile. Nadia continue d’apprendre le français. Youssif est soulagé. Après deux ans d’inactivité, il est en contrat d’insertion à la RATP, un CDD jusqu’en juin. Une chance que peu partagent. Les difficultés de langue, de logement, de travail rendent l’insertion très difficile. Beaucoup de réfugiés appartenaient à la classe moyenne. «Ma mère pleure et parle tous les jours de notre maison en Irak, raconte Rana, dont la famille vit aujourd’hui dans 30 m2. C’était la taille de notre cuisine là-bas.» «No hope», résume brutalement Dinka. «On me donne juste de quoi manger. Moi, je voudrais un travail», dit-il encore en jurant cependant que sa famille défendrait la France les armes à la main si elle était attaquée. Joseph tend la lettre de refus poli du conseil général de l’Essonne qu’il a sollicité pour un poste d’agent d’entretien.
Directrice dans un ministère en Irak, Marguerite voudrait un boulot en usine. Elle a refusé les heures de ménages proposées par Pôle emploi. La petite communauté paraît bien isolée. «Le prêtre de la paroisse catholique vient de temps en temps déjeuner avec mes parents» , raconte Rana. En France, l’Eglise catholique rappelle souvent son soutien aux minorités chrétiennes d’Orient. Mais il y a un pas de la parole aux actes. Ici, auprès des réfugiés irakiens, la solidarité matérielle paraît peu active. Dinka, lui, rêve à une nouvelle terre promise, l’Australie. Il raconte que son cousin, neuf jours après son arrivée, y a trouvé un travail, qu’il a déjà sa voiture, qu’il y a des boîtes de nuit pour les Irakiens, qu’une dentiste chinoise a même appris le soureth pour soigner ses patients. «Vous savez comment je pourrais y partir ?», demande-t-il. Otages ici, otages là-bas, tel semble être devenu le sort des chrétiens irakiens.
«Epuration religieuse»
Sur place, ils sont suspectés par les extrémistes islamistes d’être la cinquième colonne des «croisés» occidentaux. Début novembre, Al-Qaeda affirmait que les chrétiens étaient des «cibles légitimes». Puis est arrivé l’attentat contre une église copte à Alexandrie, dans la nuit de la Saint-Sylvestre, mobilisant davantage l’Occident à la cause des chrétiens d’Orient. Au risque des instrumentalisations de toutes sortes. La peur de l’islam et de l’islamisation hante les sociétés européennes, nourrissant, aussi bien aux Pays-Bas qu’en France, les populismes rénovés de l’extrême droite. La chancelière allemande Angela Merkel et le président de la République Nicolas Sarkozy exaltent désormais, l’un et l’autre, les «racines chrétiennes» de l’Europe. En janvier, le même Nicolas Sarkozy dénonçait «l’épuration religieuse» qui frappe les chrétiens d’Orient. Politiquement, l’Union européenne en appelle à la liberté religieuse dans les pays musulmans. Mais elle garde jalousement baissées ses frontières.
Tout comme le Vatican et les responsables des églises locales, les pays occidentaux redoutent que la région ne se vide de ses minorités chrétiennes. Car, à terme, l’exode pourrait être fatal. Lors d’un synode sur la situation au Moyen-Orient, qui s’est tenu en octobre à Rome, l’Eglise catholique a réaffirmé son souhait que perdure une présence chrétienne dans le berceau originel du christianisme. Mais à quel prix ? «Personne ne peut dire qu’un chrétien n’est pas en danger en Irak. Comment peut-on demander à un père de famille d’y rester ?» s’insurge Elish Yako, l’un des responsables de l’Aemo. L’association affirme avoir une liste d’attente de 4 000 personnes qui voudraient partir d’Irak. En France, depuis novembre, le torchon brûle entre l’Aemo et l’Œuvre d’Orient, l’organisation catholique officielle française de soutien aux chrétiens d’Orient, tenant de la ligne du Vatican. Malgré les exhortations de l’Eglise, l’exode ne se tarit pas. «Depuis l’attentat, plus de 1 600 familles chrétiennes ont quitté Bagdad», explique le père Raphaël. Pour la plupart, selon le HCR, elles ont gagné la région autonome du Kurdistan, au nord du pays, plus sûre. En France, les réfugiés ne croient pas à un avenir assuré là-bas et suspectent surtout le gouvernement de vouloir s’attirer les bonnes grâces des Etats-Unis en tendant les bras aux déplacés kurdes.
«Nous vivons», dit Rana, dans son français maladroit, signifiant ainsi que sa famille a la vie sauve. Malgré les difficultés, elle s’accroche, sourit lorsqu’elle rentre chez elle, console, comme elle peut, ses parents des rigueurs de l’exil. Parlant l’arabe et l’anglais, elle a trouvé un travail à mi-temps dans une agence de voyage. Salwan habite, lui, dans une petite chambre au cœur de Paris, fait la plonge et rêve un jour peut-être d’ouvrir son restaurant.
(1) Les prénoms ont été changés.
http://www.liberation.fr/monde/01012327834-le-douloureux-exode-des-chretiens-d-orient
Je suis en colère - par Michel Bernard
Je suis en colère

(photos : http://www.rtbf.be/info/monde/detail_japon-une-situation-hors-de-controle-et-desesperee?id=5768073 & http://www.dna.fr/fr/a-la-une-web/info/4780192-Japon-Course-contre-la-montre-pour-refroidir-les-reacteurs-de-Fukushima )
Je suis en colère parce que l'accident de Tchernobyl n'a pas servi de leçon. Et que l'on continue à entendre et lire les mêmes mensonges sur le nucléaire dans les médias.
Je suis en colère quand j'entend à la radio, un haut responsable du nucléaire français nous dire qu'on ne peut remettre en cause le nucléaire : "personne n'a envie de revenir à la bougie". Que je sache, dans les pays européens qui n'ont pas de centrales nucléaires (Autriche, Danemark, Grèce, Irlande, Islande, Italie, Luxembourg, Norvège, Portugal…), y-en-t-il où l'on s'éclaire à la bougie ? Il n'y a que 441 réacteurs nucléaires dans le monde (dont 58 en France, 55 au Japon)… dans seulement 31 pays, tous les autres pays s'en passent.
Je suis en colère quand en 1979, après l'acc ident nucléaire de Three-Mile Island, on nous a dit que c'était parce que les Américains étaient moins forts que nous ; quand en 1986, après l'accident de Tchernobyl, on nous a dit que les Russes étaient moins foirt que nous… et que je lis aujourd'hui que les Japonais sont moins forts que nous… De qui se moque-t-on ?
Je suis en colère quand on me dit que l'on peut continuer à exploiter encore des vieux réacteurs comme Fessenheim en Alsace (qui a trente ans) parce que "plus il est vieux, mieux on connait un réacteur". Ce n'est pas parce que vous connaissez bien les défauts de votre vieille voiture qu'elle tombe moins souvent en panne et moins gravement. (Le réacteur Fukushima-Daiichi 1, qui vient d'exploser avait 40 ans et a été autorisé à continuer de fonction ner pour dix ans en février 2011 !).
Je suis en colère quand on nous dit que l'on ne peut se passer du nucléaire en France, parce que cette énergie fournit près de 80 % de notre électricité. C'est oublier que l'électricité n'est pas la principale source d'énergie (c'est le pétrole) et que le nucléaire ne représente que 17 % de notre énergie. Si l'on voulait s'arrêter, on pourrait s'appuyer sur une solidarité au niveau de l'Europe : là, le nucléaire ne représente que 35 % de l'électricité et seulement 9 % de l'énergie ! Il suffirait donc d'économiser 9 % pour s'en passer !
Je suis en colère parce qu'au nom de la défense de la croissance économique, les programmes énergétiques français ou européens, négligent toujours plus ou moins le potentiel des économies d'énergies, préférant la surconsommation, éventuellement alimentée par le recours aux énergies renouvelables. Or l'énergie la plus propre reste celle que l'on ne consomme pas. En adoptant les meilleures techniques disponibles et en évitant les comportements énergivores, nous pourrions diviser par 4 notre consommation en une vingtaine d'années.
Je suis en colère parce que les discours économiques nous polluent : on nous dit qu'arrêter un réacteur nucléaire, ce serait de l'argent gaspillé… mais les 1000 milliards d'euros déjà dépensé en 25 ans pour la gestion de la catastrophe de Tchernobyl (et c'est loin d'être terminé), ce n'est pas un gaspillage encore plus grand ? Mille milliards d'euros, c'est sensiblement le coût qu'il a fallut dépenser pour const ruire l'ensemble des 441 réacteurs actuellement en fonctionnement.
Je suis en colère parce que je sais que l'on peut arrêter relativement rapidement le programme nucléaire français, qu'il existe de multiples scénarios de sortie sur le sujet (de 2 à 30 ans selon les efforts qu'on veut bien consentir).
Je suis en colère quand j'entends mon gendre, 25 ans, ingénieur dans le photovoltaïque, me dire qu'il cherche un nouveau travail car la profession est sinistrée suite aux récentes décisions du gouvernement.
Je suis en colère quand mon fils, 20 ans, me dit : "à quoi ça sert de faire des études si dans cinq ans on a tous un cancer" (et il ne pense pas qu'au nucléaire, mais aussi à la pollution atmosphérique, aux pesticides…).
Alors j'agis, je me suis investi depuis une trentaine d'années dans les médias écologistes pour faire circuler une information moins déloyale et j'incite les journalistes et les lecteurs à prendre le temps d'eux aussi chercher où est la vérité. Comment peut-on encore minorer l'importance de la pollution radioactive au Japon alors que les images sur internet nous montrent les réacteurs en flamme ?
Alors j'agis et je m'engage dans l'une des 875 associations qui animent le Réseau Sortir du nucléaire pour demander à nos élus de faire pression pour un changement de politique dans le domaine de l'énergie. (www.sortirdunucleaire.org <http://www.sortirdunucleaire.org/> )
Alors j'agis au niveau local en rejoignant les nombreux groupes locaux qui travaillent à des plans de descente énergétique qui nous permettront de diminuer la menace nucléaire, mais aussi notre dépendance à un pétrole qui va être de plus en plus rare. ( www.transitionfrance.fr <http://www.transitionfrance.fr/> )
Alors j'agis car aujourd'hui si le lobby nucléaire arrive à manipuler élus et médias, c'est parce que nous ne nous indignons pas assez !
Michel Bernard
Journaliste à la revue Silence : http://www.revuesilence.net/
http://www.revuesilence.net/index.php?page=japon_colere
Et ci-dessous la réponse d'un lecteur qui a lu cette lettre de Michel Bernard :
« Cette colère est partagée et par nombre d'entre nous citoyens français, citoyens du monde, que l'on prend pour des cons à vouloir à tout prix leur faire croire que notre existence se résume à des tableaux financiers sur des tableurs...
Il y a bien longtemps que j'ai la conviction que la troisième guerre mondiale a débuté. Il y a peu de temps que j'ai compris que cette guerre a débuté lors des accords de Bretton Woods et que l'assaut majeur se livre depuis l'OMC, depuis 1995. Cette guerre menée par une bande d'imbéciles au pouvoir immense qui forts de leur ignorance, de leur arrogance et de leur avidité, nuisent à l'humanité toute entière et à notre foyer à tous, la Terre.
C'est la guerre, menons-là, autant que possible, sans morts. Mais qui fabriquent les morts ? les polices et militaires au service des dictateurs mis en place par les entreprises transnationales, ayant asservis les politiques et les médias !
Et dans ce combat, dans bien des pays du monde, quand un militant se rebelle pacifiquement, sans faire d'autre dégâts que des biens matériels dangereux, on le nomme "terroriste" !
Oui ! je partage la colère de Michel Bernard. Il va être temps de se lever pour résister à l'imposture de cette oligarchie qui ne pense qu'en terme de finance, de richesse, d'avoir(s), de pouvoir et de domination.
Il va falloir se lever contre cette institution délinquante et avide, prête au pire et aux mensonges pour défendre leurs intérêts inutiles et vains face à l'histoire de l'humanité.
Que ce mail soit un grain de sable au sein d'un tas qui ensevelisse par l'indignation et par la révolte, cette dictature insupportable que l'on nomme économie néo-libérale et qui, à travers le monde, ment, triche, tue, pollue, assassine, incarcère, contamine, détruit... »
J.J.
Egypte : des manifestantes victimes de tortures

L’organisation non-gouvernementale Amnesty international a mis en garde mercredi dernier le gouvernement égyptien contre des actes de torture et de barbarie commis à l’encontre de manifestantes. Dix-huit femmes au moins, auraient en effet été arrêtées par des militaires le 9 mars pendant un mouvement de protestation sur la place Tahrir, au Caire. D’après l’organisation internationale, qui a recueilli les témoignages de ces femmes, les manifestantes auraient été frappées avant de subir des décharges électriques, forcées à se déshabiller avant d’être photographiées par les soldats. Elles auraient ensuite été soumises à des tests de virginité et menacées d’être accusées de prostitution si ceux-ci se révélaient négatifs.
Une journaliste confirme les témoignages
Pour Amnesty international, « les tests de virginité constituent une forme de torture lorsqu’ils sont subis. » Toujours selon les témoignages recueillis par l’ONG, une femme ayant affirmé être vierge mais dont le test était négatif a été battue puis soumise à des décharges électriques.
Une journaliste se trouvant également sur la place Tahrir lors de la manifestation aurait été arrêtée, menottée et insultée avant d’être relâchée un peu plus tard. Elle aurait confirmé les témoignages des manifestantes.
Amnesty demande des comptes
« Les autorités égyptiennes doivent arrêter le traitement dégradant et choquant réservé aux femmes qui manifestent. Les femmes ont pleinement participé au tournant que connaît actuellement l’Egypte et ne doivent pas payer pour leur activisme », indique Amnesty International sur son site Internet. « Les personnes responsables de ces actes doivent être présentées à la justice et les femmes courageuses qui ont dénoncé ces violences doivent être protégées de toute représailles », poursuit l’ONG. Les manifestantes ont été relâchées après avoir été présentées devant une cour martiale. Amnesty dénonce également la présentation de civils devant des tribunaux militaires, connus pour rendre les recours en appel plus difficiles.
http://www.elle.fr/elle/Societe/News/Egypte-des-manifestantes-victimes-de-tortures/(gid)/1540322
Des soutiens-gorge “ampliformes” en taille… 8 ans
La majeure partie des soutiens-gorge vendus en grande surface et destinés aux petites filles de 8 à 10 ans sont de type Wonderbra, dits “ampliformes“, ou “push-up“, et donc rembourrés de mousse afin de donner du volume aux petites poitrines…
Interrogés à ce sujet, la quasi-totalité des supermarchés contactés ont refusé de nous répondre. Les deux qui ont accepté d’en parler, Les 3 Suisses et La Redoute, ont aussitôt retiré ces soutiens-gorges de leurs catalogues.
Ces bikinis qui font scandale au Royaume-Uni

En avril 2010, le Daily Mail, un tabloïd britannique, dénonçait la société Primark, une chaîne de magasins de vêtements à bas prix britannique, pour avoir commercialisé des bikinis rembourrés à destination des petits filles de 7 ans, “conçus de façon à faire croire à la présence de seins sur les petites filles” qui, à cet âge-là, d’ordinaire n’en ont pas.
“En tant que défenseurs de victimes, expliquait Shy Keenan, représentante d’une organisation d’aide aux victimes de pédophiles, nous savons pourquoi on ne devrait jamais sexualiser les enfants ou participer à la banalisation de la sexualisation des enfants” :
C’est incroyable comme les marques sont maintenant prêtes à exploiter les trucs dégoûtants de pédophiles pour alimenter un marché noir qui n’a pas sa place dans notre société et encore moins à proximité de nos enfants.
Face au scandale, et suite à un appel au boycott du magasin, la chaîne Primark s’était aussitôt excusée, retirant les bikinis rembourrés de ses rayons, et promettant de reverser les profits engendrés à une association de défense des enfants.
Le Daily Mail rapportait alors que plusieurs autres chaînes de magasins avaient également, par le passé, fait scandale pour avoir commercialisé des soutiens-gorges rembourrés à l’intention de petites filles de 7 ou 9 ans.
Du 65A au 75B pour les 8-10 ans
N’écoutant que mon courage, j’ai donc entrepris de partir en grand reportage dans les supermarchés de France et de Navarre afin de constater, de visu et armé de mon smartphone photo (un véritable appareil photographique eut été trop voyant), ce qu’il en était dans nos contrées.
La tâche fut quelque peu ardue : un homme un peu barbu, frôlant la quarantaine, en train de photographier, discrètement, des soutiens-gorge pour petites filles… il me fallait être très prudent, et braver tous les dangers incarnés par ces vigiles, vendeuses, mamans et autres clients qui auraient pu mal interpréter ce pour quoi je rôdais ainsi dans les rayons lingeries pour enfants.
Le compte-rendu de mes pérégrinations est sans appel : la quasi-totalité des grands magasins dotés de rayons lingeries pour les enfants vendent eux aussi des soutiens-gorges rembourrés. On y trouve ainsi des modèles taille 65A, à destination des petites filles de 8 ans, mais également des modèles tailles 70 et 75B, à l’intention des 8-10 ans :

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Dans les supermarchés low-cost (de type Babou), les rayons lingerie enfants ne proposent généralement que des soutiens-gorge type Wonderbra. Dans les hypermarchés classiques (Auchan, Carrefour, Super U…), les soutiens-gorge “ampliformes” représentent généralement la moitié du marché, et certaines grandes marques, comme DIM, Kiabi, Les 3 Suisses ou La Redoute, proposent eux aussi des modèles rembourrés, à partir de 8 ans (70A).


Aucun des supermarchés contactés par OWNI n’a daigné répondre à nos questions. Seule une responsable communication des 3 Suisses s’y est attelée. Plutôt embêtée, elle se justifie en avançant que la marque n’a fait que suivre “des études de marché” indiquant que de plus en plus de petites filles seraient formées plus jeunes, et que les soutiens-gorges “push-up” sont devenus le standard du marché.
En terme d’images, elle insiste également sur le fait qu’on ne voit pas de petites filles porter ces sous-vêtements, que rien n’est “suggéré en visuel” et qu’ils ne sont pas “hyper-pigeonnants“. Il n’empêche : suite à nos appels, La Redoute et les 3 Suisses ont tous deux retiré de leurs sites web les modèles de soutiens-gorge rembourrés de taille 10 ans/70A.
Pour Sandrine Pannetier, directrice de la stratégie pour le bureau de tendance Martine Leherpeur, qui a longtemps travaillé pour une marque de lingerie, l’explication serait à peut-être à chercher du côté de la culture et du marché asiatique :
Le savoir-faire de corsetterie est extrêmement difficile à maîtriser, et il est beaucoup plus facile de fabriquer des soutiens-gorge rembourrés, ou à partir d’une coque moulée, que non rembourrés.
De plus, quand vous avez une toute petite poitrine, et que vous voulez masquer le téton, il faut le rembourrer, ce qui fait que le marché asiatique est envahi de soutiens gorge rembourrés pour masquer les tétons, et éviter toute érotisation.
Où l’on découvre que ce qui, pour des observateurs européens, peut être interprété comme une érotisation du corps des préadolescentes relèverait, a contrario et paradoxalement, d’une forme de pudeur asiatique…
http://owni.fr/2011/03/23/erotisation-soutiens-gorge-ampliformes-taille-huit-ans-enfant/
Seine-Saint-Denis : tirs de Kalachnikov dans une cité de Sevran
La France envoie son armée en Libye pour régler les problèmes de sécurité de la population et pendant ce temps en France à quelques kilomètres de la capitale, des dangers publics sont laissés en liberté avec des armes de pointe. C'est donc ça le fameux "sentiment" d'insécurité...

La tension ne semble toujours pas être retombée à Sevran (Seine-Saint-Denis). Alors que des coups de feu avaient été tirés samedi contre les façades de plusieurs immeubles, allée Jan-Masaryk, ce lundi après-midi, vers 13 h 15, deux hommes ont utilisé une arme de guerre dans le même secteur.
Armés d’une Kalachnikov, les deux inconnus ont tiré à cinq reprises, en direction d’une butte de terre, sous les yeux médusés de plusieurs badauds qui se trouvaient allée Jan-Palach. Aucun blessé n’est à déplorer. Les enquêteurs du service départemental de police judiciaire (SDPJ) ont été chargés des investigations.
Une famille israélienne poignardée à mort dans le village d’Itamar
Un terroriste s’est infiltré cette nuit dans le village d’Itamar, au sud de Naplouse, et a poignardé à mort trois enfants âgés de 11 ans, 3 ans, un bébé de quelques semaines et leurs parents.
Leur fille de 12 ans a réussi à s’échapper de la maison avec ses deux jeunes frères, dans une maison voisine. Les forces de sécurité ont estimé que le(les) terroriste(s) a réussi à s’échapper dans les territoires palestiniens. (Rapport de Ynet)
Le Ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman a chargé la délégation israélienne aux Nations Unies de déposer une plainte à l’ONU auprès du secrétaire général et du président du Conseil de sécurité en exercice suite à l’attaque terroriste de cette nuit. “Israël attend de l’ensemble des états démocratiques, une sévère condamnation, ces mêmes états qui, au nom des droits de l’homme s’empressent de dénoncer chaque mouvement de caravane en Judée et Samarie, et qui dans le cas présent , sont dans l’obligation de condamner ce meurtre atroce d’une famille entière, incluant l’assassinat d’un bébé âgé d’à peine un mois“, a déclaré le Ministre des affaires étrangères.
De plus, Il a ajouté que le fait que l’Autorité palestinienne n’a pas encore condamné l’attaque », illustre plus que tout, la vraie nature de ceux qui sont censés être des partenaires pour des négociations.”
http://ambisrael.fr/une-famille-israelienne-poignardee-a-mort-dans-le-village-ditamar/






Toute la famille a été décimée : les 2 parents et les 3 enfants de 11 ans, 3 ans et 1 mois poignardés. La tête du bébé a été quasiment décrochée à la seule force des mains de l'assassin....
Quels que soient ses ressentiments, qu'est-ce qui peut justifier qu'on poignarde des enfants et qu'on arrache la tête d'un bébé ? Quel détraqué peut être assez inhumain pour faire ce que même un animal ne saurait faire ?
Le barrage qui menace les Indiens
par Joëlle Charrey - Les tribus d’Amazonie s’opposent fermement à la construction du barrage de Belo Monte (Brésil), un géant qui met en péril les populations et les forêts.
Les tribus d’Amazonie s’opposent fermement à la construction du barrage de Belo Monte(Brésil), un géant qui met en péril les populations et les forêts. Soutenus par des écologistes, l’Eglise catholique et des personnalités, comme le réalisateur James Cameron, les Indiens ont essuyé un revers cuisant jeudi dernier. Quelques jours après que la justice fédérale de Belém a suspendu la construction, le Tribunal régional fédéral a annulé la décision. Sauf rebondissement, le chantier pourra donc être lancé. Estimé à 10 milliards de francs, Belo Monte sera le 3e plus grand barrage du monde. Son chantier emploiera 20 000 ouvriers. Il inondera une zone de 500 km2 et contraindra au déplacement plus de 16 000 personnes.
http://www.20min.ch/ro/news/infographies/story/Le-barrage-qui-menace-les-Indiens-24112339
Sud thaïlandais: escalade de violence
Les autorités thaïlandaises ont reconnu aujourd'hui l'escalade de la violence dans l'extrême sud du pays, en proie depuis sept ans à une rébellion séparatiste musulmane, après une nouvelle série d'attaques meurtrières ces dernières semaines.
"J'admets que les troubles violents augmentent mais nos responsables sont déterminés à faire le maximum", a indiqué à la presse Tawin Pleansri, secrétaire général du Conseil de sécurité nationale, que dirige le Premier ministre. "Il est difficile de contrôler une zone aussi vaste. Les incidents sont moins nombreux mais plus sérieux".
L'insurrection, qui touche principalement trois provinces, a fait plus de 4400 morts depuis janvier 2004 dans cette région rattachée à la Malaisie jusqu'au début du 20e siècle et où des groupes rebelles luttent contre la domination de Bangkok. La population de la région est très majoritairement d'ethnie malaise et de confession musulmane, contrairement au reste de la Thaïlande, essentiellement bouddhiste.
Outre les forces de sécurité et des civils de confession bouddhiste, les rebelles séparatistes visent également des musulmans qu'ils accusent de collaborer avec Bangkok. La région a été la cible de plusieurs attentats ces dernières semaines, dont un qui a fait neuf morts en janvier et plusieurs depuis qui ont fait à chaque fois une quinzaine de blessés.
Quelque 60.000 membres des forces de l'ordre ont été déployés. Mais les adversaires du pouvoir l'accusent de ne répondre à aucune des revendications de la minorité malaise et de ne pas sanctionner les violences des forces de l'ordre.
Hier soir, un officier de police à la retraite de 61 ans, de confession bouddhiste, a été abattu et sa petite fille grièvement blessé dans la province de Pattani. Quelques heures avant, un villageois de 32 ans avait été tué dans l'explosion d'une voiture piégée dans celle de Narathiwat.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/03/08/97001-20110308FILWWW00356-sud-thailandais-escalade-de-violence.php
Un chef islamiste appelle au Jihad en Russie
Dokou Oumarov, qui a revendiqué plusieurs attaques ces derniers mois, appelle à "une guerre totale" dans le pays.
Le chef islamiste rebelle Dokou Oumarov, qui a revendiqué plusieurs attentats meurtriers à Moscou, a lancé un appel au jihad en Russie, dans une vidéo mise en ligne jeudi 3 mars sur Hunafa.com, un site islamiste du Caucase russe.
"Une guerre totale est en cours, combattez l'ennemi partout où vous le pouvez", déclare Dokou Oumarov dans cette vidéo d'une dizaine de minutes où il apparaît en tenue de camouflage de montagne, entouré de deux rebelles armés, dans un paysage de forêts enneigées.
Le chef rebelle, qui appelle notamment les femmes à participer à la lutte, s'adresse, comme il le fait traditionnellement aux musulmans du Caucase, mais aussi, ce qui est plus nouveau, aux musulmans du Tatarstan et du Bachkortostan, deux républiques du centre de la Russie à forte population musulmane.
Tatarstan
La police a annoncé en novembre avoir abattu trois rebelles islamistes au Tatarstan et découvert d'importantes caches d'armes. Plusieurs militants islamistes présumés, chez qui avaient été découverts des explosifs, ont été arrêtés le mois dernier au Bachkortostan, selon la presse locale.
Dokou Oumarov, qui a revendiqué l'attentat à l'aéroport de Moscou-Domodedovo le 24 janvier (37 morts), avait aussi revendiqué en 2010 les attentats dans le métro de Moscou (40 morts).
Issu des rangs des rebelles tchétchènes qui ont combattu les forces russes pour l'indépendance de la Tchétchénie, Dokou Oumarov a abandonné en 2007 la cause indépendantiste pour l'islamisme, en s'auto-proclamant à la tête d'un "Emirat du Caucase".
voir la vidéo ici : http://www.youtube.com/watch?v=o-DvS0T_xn0
Allocations logement, Sécurité sociale... : la grande triche
Notre système de protection sociale n'a plus les moyens de supporter les milliards envolés de la fraude. Un changement de culture autant que de méthode sont inévitables.

(Agefotostock/Paul Delort/Montage ADC)
Quatre femmes, 17 enfants et 175.000 euros de prestations sociales en trois ans ! La petite entreprise polygame de Lies Hebbadj, ce commerçant aux quatre maisons vivant à Rezé (Loire-Atlantique), aurait sans doute continué à prospérer des années durant si l'une de ses compagnes n'avait refusé d'ôter sa burqa lors d'un contrôle routier. Pourtant, plus que son mode de vie, c'est bien le montant astronomique de ses allocations qui a outré l'opinion au printemps dernier et qui lui vaut sa mise en examen pour fraude aux prestations sociales et travail dissimulé.
Marre des fraudeurs? Pour la grande majorité des Français, ils devraient être plus lourdement sanctionnés *. L'exaspération est d'autant plus forte que notre pays traverse de sérieuses difficultés économiques. Quatre millions de personnes cherchent un emploi et le déficit des comptes sociaux explose: 30 milliards d'euros l'an dernier. Un record ! La France peut-elle dans ces conditions continuer de fermer les yeux sur 12 à 18 milliards de dépenses indues et de cotisations évaporées? Non, répond Xavier Bertrand, le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Santé, qui s'apprête à renforcer la lutte anti-fraude. «Chaque euro injecté dans le système de protection sociale doit aller à ceux qui en ont besoin», martèle-t-il.
Les députés de la Mission d'évaluation et de contrôle des lois de financement de la Sécurité sociale (Mecss) se sont eux aussi emparés du sujet, considérant que «la fraude sociale est d'une telle ampleur qu'elle constitue un vrai problème de société», selon les mots de Dominique Tian, député UMP des Bouches-du-Rhône et rapporteur de la mission. Ses conclusions sont attendues fin avril.
Longtemps, la mansuétude a été de mise à l'égard des petits malins qui s'ingéniaient à détourner la solidarité nationale à leur profit. Autant le fisc faisait peur, autant la «chasse aux allocs» prenait des allures de sport national. La France faisait figure de pays de cocagne, accueillant à bras ouverts ces milliers de Britanniques venant toucher le RMI, offrant des traitements de fécondation in vitro gratuits à des femmes sans papiers (23 à Paris l'an dernier), proposant des allocations logement aux enfants des classes aisées, octroyant des pensions d'invalidité complète à des personnes souffrant de «troubles du sommeil», acceptant la polygamie de fait... De la fraude? Non, juste une utilisation «limite» d'un système de protection sociale dont nous sommes fiers de dire qu'il est «le plus généreux au monde». Comment ne pas chercher à en tirer parti pour soi-même?
Tout le monde se sert. En 2006, Claude Frémont, le directeur de la Caisse d'assurance-maladie de Nantes, pousse un dernier coup de gueule avant de claquer la porte après douze années passées à traquer les fraudeurs - des médecins pour la plupart. «La Sécu est devenue une vache à lait!» explose celui qu'on surnommait «Zorro de la Sécu», qui n'hésitait pas à dénoncer l'impuissance publique face au «lobby extraordinairement puissant des médecins».
Et qui n'a jamais payé sa femme de ménage ou sa nounou «de la main à la main»? Le travail illégal est la principale fraude sociale en France. Pour la collectivité, c'est la double peine: des cotisations sociales et des impôts qui ne rentrent pas (8,5 à 12,5 milliards d'euros) et des salariés qui accèdent à des prestations sociales en minimisant leurs revenus. Douce France...
Ce n'est qu'au milieu des années 2000 que les parlementaires, le gouvernement et la haute administration commencent à prendre la mesure de la fraude aux prestations. A partir de 2005, le législateur demande à la Cour des comptes de certifier les bilans des organismes sociaux, ces mastodontes qui brassent, bon an, mal an, plus de 300 milliards d'euros. Les voici tenus de présenter des comptes «fidèles et sincères» comme n'importe quelle entreprise cotée. Il était temps !
En 2008, une délégation nationale de lutte contre la fraude, logée à Bercy, est créée. Parallèlement, la Cour des comptes s'est lancée dans une évaluation de la fraude aux prestations sociales. Un exercice apparemment délicat, même pour des magistrats rompus au contrôle de puissants organismes publics. Dans sa première mouture, envoyée un peu vite l'an dernier aux parlementaires, la Cour dressait un panorama fort critique de la lutte anti-fraude: «Stratégie nationale aux cibles imprécises», «actions des caisses locales limitées», «récupération insuffisante des indus»... Des attaques atténuées dans la version publique. Pour ménager quelques ego? Ou pour minimiser le fléau?
Car le chiffre de 1 % de fraudes aux prestations sociales - couramment avancé par les dirigeants des organismes sociaux - est de plus en plus contesté. D'abord, parce qu'il résulte d'une simple extrapolation de contrôles effectués par la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) sur un échantillon de dossiers: l'an dernier, celle-ci s'est courageusement lancée dans un premier chiffrage de la triche en épluchant 10.000 dossiers. Il en résultait que 2,2 % des allocataires fraudaient. Soit, en extrapolant à l'ensemble des bénéficiaires, 200.000 tricheurs pour un montant estimé entre 540 et 800 millions d'euros, ce qui représente grosso modo 1 % des prestations versées annuellement. «Ce chiffre est à peu près identique chez nos voisins», fait remarquer Daniel Buchet, «monsieur anti-fraude» de la Cnaf.
L'assurance-maladie et la branche vieillesse se bornent, elles, à afficher les résultats des fraudes qu'elles détectent (150 millions d'euros pour la première, 22 millions pour la seconde). Mais à l'assurance-maladie, on reprend volontiers l'évaluation globale de 1 %. Or, selon le bon vieux principe de «plus on cherche, plus on trouve», il y a fort à parier qu'un renforcement de la lutte anti-fraude donnerait des résultats bien supérieurs. La preuve? Il y a cinq ans, l'assurance-maladie n'identifiait que 10 millions d'euros de fraudes ! «Nous ne pensons pas que la fraude explose, mais on en détecte beaucoup plus qu'il y a quelques années», explique-t-on au ministère.
Aujourd'hui, les organismes sociaux affirment avoir fait du combat contre la triche une «priorité majeure». «Nous savons que nos assurés sont particulièrement soucieux de la bonne utilisation de leurs cotisations et nous demandent qu'elles soient utilisées pour financer les dépenses de santé utiles», explique Frédéric Van Roekeghem. Le directeur général de l'assurance-maladie a nommé un médecin, Pierre Fender, à la tête de la lutte anti-fraude. Question de «légitimité» face à des professionnels de santé prompts à s'émouvoir quand on leur demande des comptes. Certes, les bataillons de contrôleurs sont encore bien faibles: 88 à la Cnav, environ 250 à la Cnam, 630 à la Cnaf... Quant aux 2500 inspecteurs du travail et 1550 contrôleurs Urssaf, ils consacrent respectivement 12 et 14 % de leur temps à lutter contre le travail illégal.
Mais l'arsenal juridique s'est considérablement renforcé depuis cinq ans. La Cnaf, qui croise déjà ses fichiers avec ceux des impôts depuis une dizaine d'années, peut désormais demander aux autres organismes sociaux, aux fournisseurs d'énergie (EDF, GDF-Suez...) et surtout aux banques la communication des données personnelles des allocataires. «Nous avons les mêmes pouvoirs que les agents des impôts», insiste Daniel Buchet. A une exception: les allocataires ne sont pas tenus de faire rentrer dans leur logement les contrôleurs des Caf. De toute façon, il y a belle lurette que ces derniers «ne comptent plus les brosses à dents et les paires de pantoufles» pour s'assurer du non-concubinage d'un bénéficiaire d'une allocation pour parent isolé ! Une plongée dans les baux, les comptes en banque ou les factures de gaz est bien plus efficace. A condition que tout le monde joue le jeu, ce qui ne semble pas être toujours le cas (certaines banques renâclent).
Les allocataires ont aussi du mal à se faire à cette idée. Il suffit de faire un tour sur les forums de discussion pour s'en convaincre. «Comment peuvent-il avoir accès à nos comptes bancaires, c'est un nouveau délire de l'Etat? On n'a pas le droit d'assurer nos arrières?», s'insurge «Loli», sur droit-finance.net. Une autre internaute n'en est toujours pas revenue après avoir constaté que La Poste avait prévenu la Caf du transfert de son courrier chez son petit ami. «Ils sont tous en lien! explose-t-elle. J'ai vu sur les forums que maintenant c'était légal! Ils peuvent consulter un fichier spécial et regarder nos comptes en toute légalité!» Une telle intrusion, courante en matière de fiscalité, est révolutionnaire pour les bénéficaires de prestations.
A ce jour, toutefois, les organismes font preuve de beaucoup de retenue dans les sanctions. Question de culture, d'abord. «Les agents des Caf sont formatés pour aider les pauvres, pas pour les redresser», lâche un fonctionnaire des affaires sociales. Question de définition aussi. Un hôpital facture une journée entière d'hospitalisation pour un simple fond de l'œil ou une opération qu'il n'a pas effectuée ? Pour l'assurance-maladie, c'est une faute, pas une fraude. «Nous ne pouvons que nous en tenir à la définition légale», plaide Pierre Fender. Selon le code civil, la fraude est un acte «réitéré et délibéré».
Si l'on tient compte des « erreurs » - appelées «indus» en jargon Sécu -, les sommes qui échappent aux organismes sociaux sont bien plus élevées. Les Caf, par exemple, détectent 2 milliards d'euros d'indus par an. Tous les responsables jurent la main sur le cœur récupérer la quasi-totalité de ces sommes. Les députés de la Mecss sont sceptiques. Jean-Pierre Door, élu UMP du Loiret et médecin, a fait ses calculs: «Sans les 5milliards de fraude et les 10milliards d'actes médicaux inutiles, l'assurance-maladie serait à l'équilibre.»
Les parlementaires veulent passer à la vitesse supérieure. Ils demandent que la Cnaf cesse de prévenir les allocataires des visites des contrôleurs. Ce qui est déjà le cas lors d'un fort soupçon de fraude, selon Daniel Buchet. Surtout, les élus UMP demandent l'instauration d'une «carte sociale » sur laquelle figureraient tous les subsides dont bénéficie le titulaire. «De l'aide municipale à l'aide de l'Etat», précise le rapporteur Dominique Tian, qui souligne que la Belgique est déjà dotée d'un système équivalent. Xavier Bertrand devrait leur donner satisfaction avec la mise en service annoncée du Répertoire national commun de la protection sociale d'ici à la fin de l'année. Et si l'arme anti-fraude la plus efficace était la peur du gendarme? Depuis quelques semaines, une affichette orne les halls d'entrée des Caisses d'allocations familiales. Y figure noir sur blanc un jugement du tribunal de Melun : sept fraudeurs aux allocations logement écopent de peines de prison allant de six mois avec sursis à deux mois ferme. C'est la deuxième fois dans l'histoire de la Cnaf qu'une telle publicité est exigée par les tribunaux.
* Sondage Ifop réalisé du 7 au 15 février 2011 auprès de 1013 personnes.




















